Dans ma quête pour trouver un kit d'aquarelles, j'ai fait un tour par l'école de médecine et Odéon. Parfums nostalgiques aux volutes réminiscentes de papier imprimé de concepts compliqués. Je passe à côté de l'école de médecine où j'ai moi aussi usé les bancs dans la salle des archives historiques. Pourquoi ? Je ne le savais pas moi-même ; faire plaisir sûrement, obéissance studieuse aussi. Ce qu'on peut être con quand on est jeune ...
Je bifurque et découvre un petit quartier aux boutiques ultra hypes. Je croise mon reflet dans une vitrine ; j'ai l'air plus fatigué, moins déprimé et la bonne dizaine de kilos en plus me ramène à ma réalité. Je me dis que je résiste, je suis plus fort que tout ça, tout est dans la tête. Merde ! J'ai toujours dix ans !
Le café Mondrian me tend les bras. Je m'y engouffre en pensant à sa monographie d'un arbre, son arbre.
Un café noir. Noir et bien serré.
Allez savoir pourquoi, une allergie à la pollution peut-être, voilà que mes yeux se mettent à couler. Evidemment, je me dis que je suis nul... C'est fou comme certaines choses peuvent nous toucher.
Et, pour la première fois de ma vie, dessiner m'apaise. Tout arrive...
Bien sûr les proportions ne sont pas bonnes ; j'en connais une (merci pour tout) qui dirait qu'une bonne peinture ne peut se passer d'un bon dessin.
Il faut s'assumer tel que l'on est parait-il ; mieux, il faudrait devenir soi-même, n'est ce pas Cat ? ;) Mais qui peut dire qui il est ? On a tous grandi par le regard des autres, ses parents en priorité, ses camardes, ses amis, ses amours. J'avais toujours évité de pousser un peu le dessin ou la peinture, entre 15 et 30 ans, trop frustrant de ne pas réussir à concrétiser l'idée ou l'image et voilà qu'aujourd'hui je m'achète de l'aquarelle, la plus délicate et nuancée des peintures. Suis-je différent pourtant d'avoir réaliser qu'on ne maîtrise rien, ni son crayon, ni ses pensées, ni celles des autres ?
Faut-il croire en une vérité fondamentale en dedans de nous même qui serait, qui soutiendrait ou qui représenterait qui nous sommes ?
Pour qui ? Nous-même ? Pour les autres ? Pour celui que l'on voudrait être et à l'image duquel on se juge ? S'agit-t-il d'une vérité de liberté ? La liberté est souvent synonyme de solitude, hein Clochette ? ;) ; elle a deux versants : la solitude recherchée, bienfaitrice quand elle permet un retour sur soi et une distance par rapport au monde, à son horreur, sa connerie et son absurdité, et la solitude fuie, pesante du vide (de l'autre) auquel elle nous ramène.
Je coupe court à cette divagation pour remplir mon esprit en me vidant les poches. Souvenez vous du Wall des PINK FLOYD , comfortably numb. Les murs sont tombés, la lumière est là. Je suis dans le monde, le monde est là.
Une jeune femme retrouve ses amis sur la terrasse du café où je suis retourné. Elle est brune, cheveux bouclés, simple et tendance. En enlevant sa veste, elle dévoile sa nuque. J'aime ses petits instants ravissants qui me passaient à côté avant.
Je serais bien resté à mes dix ans. J'étais grand (pour mon âge), long et mince ; je n'avais pas encore arrêté la natation. Je commençais même les compétitions. J'étais physiquement en forme avec, drôle de mélange, une bouille blonde coupée au bol et des yeux bleu-marine.
J'ai changé mais suis-je différent ?
Et puis, d'ailleurs, pourquoi se poser la question ...
Allez savoir pourquoi, une allergie à la pollution peut-être, voilà que mes yeux se mettent à couler. Evidemment, je me dis que je suis nul... C'est fou comme certaines choses peuvent nous toucher.
Et, pour la première fois de ma vie, dessiner m'apaise. Tout arrive...
Bien sûr les proportions ne sont pas bonnes ; j'en connais une (merci pour tout) qui dirait qu'une bonne peinture ne peut se passer d'un bon dessin.
Il faut s'assumer tel que l'on est parait-il ; mieux, il faudrait devenir soi-même, n'est ce pas Cat ? ;) Mais qui peut dire qui il est ? On a tous grandi par le regard des autres, ses parents en priorité, ses camardes, ses amis, ses amours. J'avais toujours évité de pousser un peu le dessin ou la peinture, entre 15 et 30 ans, trop frustrant de ne pas réussir à concrétiser l'idée ou l'image et voilà qu'aujourd'hui je m'achète de l'aquarelle, la plus délicate et nuancée des peintures. Suis-je différent pourtant d'avoir réaliser qu'on ne maîtrise rien, ni son crayon, ni ses pensées, ni celles des autres ?
Faut-il croire en une vérité fondamentale en dedans de nous même qui serait, qui soutiendrait ou qui représenterait qui nous sommes ?
Pour qui ? Nous-même ? Pour les autres ? Pour celui que l'on voudrait être et à l'image duquel on se juge ? S'agit-t-il d'une vérité de liberté ? La liberté est souvent synonyme de solitude, hein Clochette ? ;) ; elle a deux versants : la solitude recherchée, bienfaitrice quand elle permet un retour sur soi et une distance par rapport au monde, à son horreur, sa connerie et son absurdité, et la solitude fuie, pesante du vide (de l'autre) auquel elle nous ramène.
Je coupe court à cette divagation pour remplir mon esprit en me vidant les poches. Souvenez vous du Wall des PINK FLOYD , comfortably numb. Les murs sont tombés, la lumière est là. Je suis dans le monde, le monde est là.
Une jeune femme retrouve ses amis sur la terrasse du café où je suis retourné. Elle est brune, cheveux bouclés, simple et tendance. En enlevant sa veste, elle dévoile sa nuque. J'aime ses petits instants ravissants qui me passaient à côté avant.
Je serais bien resté à mes dix ans. J'étais grand (pour mon âge), long et mince ; je n'avais pas encore arrêté la natation. Je commençais même les compétitions. J'étais physiquement en forme avec, drôle de mélange, une bouille blonde coupée au bol et des yeux bleu-marine.
J'ai changé mais suis-je différent ?
Et puis, d'ailleurs, pourquoi se poser la question ...
par nwman
publié dans :
L ' Autre

